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O.afinis et Aurore Boréale

L’Aurore Boréale   

J’avais entouré mes genoux pour me faire plus petit, assis au bord de cet étang-mare je pensais à mon présent. Je voyais voler les poissons au-dessus de moi et les nuages tapiser l’étang cherchant leurs oiseaux pour les emporter. Des bulles de couleurs inconnues s’entrechoquaient pour devenir plus petites en changeant sans cesse de forme.
Le miroir de l’étant s’affichait dans le ciel, comme mon image près de cette femme. Je la voyais parfois dans mes songes de journée, entourée d’un foulard serpent avec des plumes. Elle m’apparaissait sous une aurore boréale pour disparaitre à chaque question que je lui posais :  »qui êtes-vous ? comment êtes-vous ? ».
Mais sans réponse, j’ai dû m’enfuir dans mon matin calme, seul et serein jouant avec canards sauteurs et bulles savantes.

J’attrape un poisson avec des ailes. Il parle, normal, nous sommes dans un monde aquarelle. Fantastique de fierté aux couleurs jaunes rayées de violet. Je l’ai nommé Oaffinis, poisson-perroquet aux ailes déployées.  »Va, emporte ma question avec toi. Cherche Aurore Boréale, l’inconnue sans image qui bulle sur son savon. Et emporte avec toi son prénom pour éclairer mon ombre sur cette lumière ».

Il était bien dans sa lune- nuage, pour ne pas voir que tout près, juste à portée d’œil, se trouvait l’inconnue, à demie cachée sous une immense feuille de nénuphar, à se laisser flotter dans l’eau verte, à se laisser bercer par le clapotis des vagues tièdes.
Elle souriait à l’entendre parler au poisson arlequin, le questionner et croire qu’il allait l’aider : seules les grenouilles ses amies vertes connaissaient les cachettes et les secrets de l’Aurore-fille, la femme insaisissable et muette.

Elle le regardait , le trouvant si touchant, à vouloir se rapetisser, cet échalas rêveur, cet homme aux yeux curieux, scrutant les beautés de l’étang, mais ne voyant pas sous la surface, une bulle maison, camouflée sous les ronds tilleuls des nénuphars, gardée par l’armée de grenouilles amies, et par les poissons phares qui l’illuminent, par éclairs doux, quand ils s’en approchent …un refuge, un nid peint en pastel et au parfum léger .

Poisson volant au-dessus de la mare, flotte en cercle sans qu’il ne part.

— Va donc, poisson, fuis de ton vent, profite de cet élèment pour m’apporter Aurore Boréale dans mon prèsent.

Mais poisson, même volant, perroquet moqueur reste imobile dans le vent.

— Je ne peux me rendre que vert, mon maître. Que sous nénuphars clairs, fille apparaître.
J’avais un compagnon bien curieux, lèvres bleuttes, sourire malicieux. Il m’affichait un poême sous le temps, que l’eau de pluie fit apparaitre lentement.

<< Où avez-vous votre esprit et vos genoux ?

Ne voyez-vous si proche que de la boue ?

Ecoutez ce son et tout ce tintamarre…

Fille de l’eau proche des nénuphars…

Gardée par palmèes qui coassent le coin…

Gardiennes armées empêchant l’arlequin…

Vous ne pouvez y pénétrer que si vous trouvez le nom…

De ce parfum aux senteurs de bois et de près de renom…>>

Oaffinis a fini son poême. Rébus ou charade ou chant de sirène. Me voilà bien encore plus petit, près de ma lumière, endormi. Alors, sans savoir bien comment, j’ai crié ceci dans le vent :

              Aurore de la marre aux nénuphars, fille-cachette muette avec ses canards. Donne-moi la clé de ton chant pour que je m’y prépare. Affonter Dragons, huitres ou bien renards…
….


Dans l’écho du silence qui suit ce cri là, dans le silence aggravé par le crépuscule tombé sur l’étang et ses prairies entourantes….on entend une toute petite voix, venue de nulle part, qui murmure « ne force pas ta voix, homme rêveur, ne demandes rien d’impossible, attends un peu encore, et quand la nuit sera complète, nous pourrons converser, si tu le désires encore »
Si bas, si murmuré que l’homme se demande s’il n’a pas imaginé la phrase, mais il veut croire que oui, il l’a vraiment entendue, lors il décide de patienter, le dos appuyé à l’arbre bleu : il s’installe plus confortable, allonge ses jambes engourdies, laisse aller sa tête contre l’écorce tendre, ferme un instant ses yeux fatigués….et s’endort
Il est dans le rêve de l’étang, marche vers un bosquet ou l’attend Aurore, assise nonchalante sur un champignon couleur de rose, si grand que ses jambes ne touchent pas l’herbe, si grand qu’il y a de la place pour lui, comme elle lui indique en souriant « viens te poser sur ce chapeau moelleux, que nous bavardions un peu, homme curieux » lui dit elle, détendue et à l’aise…..
Il ne sait que dire, hors ce constat « Comme c’est étrange, la nuit a effacé tes silences et tes peurs, et te voila souriante sous mes regards, vas-tu m’expliquer ce miracle ? »
« La nuit est une couverture pour réchauffer mes manques,les étoiles sont des veilleuses éloigne-frayeurs, le vent du crépuscule a soufflé tout le laid, lors je suis une autre, une bavarde qui va te saouler de mots, au point que tu demanderas grâce ! » répond elle avec malice.


J’en avais oublié ce don qui m’offrit la porte des aquarelles aquatiques. Les chants des reinettes et des voix en accords des  »on » m’offraient un clé muette. Ce Lys au corps d’ombre m’indiquait le voile sombre et mielleux d’un sommeil à demi saoul qui me permettrait d’entendre la femme-muette. Chants des portes sans huile, grinçantes dans une herbe violette faite d’une pelouse en plumes de tourtues des volcans, repose ma tête sur ce chapeau géant d’un champignon bleu. Elle est là qui m’attend, mais je ne la voit pas. Son image est un otage du rayon Iris qui me voile l’horizon de son mur de son. La voix qui la transporte apporte des notes inconnues sur des rails transversaux qu’un train sans fumée acidule sa composition. Allongeant mes jambes par des fourmies amies kinésiethérapeutes de mes os en prince. Je suis l’invité de la plaine aux prairies des laines d’alphaphoques qui floconnent en l’air de rien plume entre elles sur un oxygène serein.
Sa voix se fait comme bulles de savon, éclate chaque note pour une saison. Je serais vieux avant de comprendre le message d’Aurore. Mes cheveux en verts peints sur une auréole d’un ciel infini que les étoiles chassent de leurs éclats, comme la peur d’un crabe aux pinces éclatantes qui sillonent les près en quête de voler l’amour qui pousse sur le dôme de la fleur écarlate.
Alors, de soupir, un son de sa gorge, il expire :
<< Enfin, Aurore de mes nuits, je t'entends, je te lis, mais de quelle image as-tu peur de me montrer ? Dois-je affrontrer le rayon Iris pour qu'il me dévoile le secret de ton reflet ?>>


Durant cette longue nuit , il s’en est dit, des mots , pas des mots dits, justement , mais des mots entendus voulus respirés, des mots de rire et de sourire, des confidences sur la lumière qui protège , le vent qui efface le noir et le parfum qui cicatrise les trous de l’âme.
Aurore parlait sans voix, l’Homme curieux écoutait avec ses yeux de sommeil, petit Tomme aux lèvres bleues était venu les rejoindre sur le chapeau rose, qui n’était plus rose, ni chapeau, qui cent fois avait changé de couleurs, qui était herbe rase ou duvet léger.
Ils avaient installé le pique nique et picoraient d’étranges mets, se désaltéraient de boissons changeantes, riaient de les voir couleurs vives dans les verres, puis irisées ou transparentes, trinquaient à leur nuit de papotages et de détente.
Parce que l’homme avait lui aussi commencé à parler, d’Iris le rayon magique, qui transpose les idées en images, pour qu’elles soient visibles par l’âme, et bien pire encore….
Tomme le malicieux chantait des comptines pour enfants, sa voix était aussi musique douce et accords d’instruments, petit Tomme était l’orchestre à lui seul…et ses notes étaient ses mots pour dire.
Il s’est dit mille secrets cette nuit là, ce rêve de nuit…
Parce que la nuit permet les secrets, mais le jour les cache, les secrets, et, à son réveil, monsieur curieux ne se souvenait plus de rien, hors du parfum donné en images et en couleurs, ce parfum magique que la fille boréale posait pour se protéger, partout ou elle arrivait à l’installer.. en voile sur ses cheveux, en couverture pour ses froids, en ambiance pour sa bulle ( ah ah…elle avait parlé d’une bulle, mais il ne se souvenait plus vraiment, n’arrivait pas à ….et zut !! effacées étaient les confidences….)
En confidences de theières, les paroles sont restèes acrochées aux verres que le vent décroche en ailes d’arlequins qu’Oaffinis absorbe dans son plumage.
<< Moi, l'homme curieux, je t'ordonne de relire les mots d'Aurore. Oaffinis Phoenix des plaines aux rébus salés, rends-moi ce que l'aquarelle m'a dessiné.>>
Le poisson volant aux lèvres bleues fit des bulles de mots échangeant le sens. Le froid fit fondre les bulles qu’en ailes de plomb tombent sur le sol mou des moutons. J’étais déployés de mes genoux tombant sur les coudes des branches des roches. Mon don de transformer mots en images et transport de l’eau en porte secrète se vit briser de milles éclats que les scarabées absorbent de leurs pinces aiguilles.
<< Soyez belles, soyez gentilles, demoiselles en colliers de phrases, faites un pont de ce message qu'Aurore la boréale siphone dans sa mare calme>>.
Mais entre elles, dansent les demoiselles. Ronds colliers de mots inachevés s’enchainent sans clefs de mots pour ma serrure d’écolier. Le rayon Lys se moque de moi, un Ti Tomme chantant dans les bois me tire un sourire sonnant m’écorchant ma gorge dans le tourbillon. Je rêvais d’Aurore dans mes songes de journées, affronter les grenouilles gardes et les champignons boudeurs. Quelle fête sous la mare sans son, sans tintamarre, que de mots gâchés me déformant son image.
Je pris le crabe fleur qui transporte l’oxygène dans ses mandi-bulles pour qu’il me fasse un sac de bulles pour plonger mon imaginaire sous les nuages de la mare. J’affronterai les écus sonneurs, les boucliers feuilles, les pommes casquées, les verres déformants et doux, les racines fruits, les plaques dures aux vernis cruels attachant ton coeur en épave vivante.
Je nageais en vents de marées que le courant stable fit traîner comme la pierre sur le rocher mou. Je vis une ville miniature aux habitants géants pliés sous les arcades des carrés flotteurs et l’herbe grise absorbante d’athmosphère. Et enfin je vis cette porte en arche que le reflêt du rayon Iris semblait vouloir cacher..

Une porte cachée sous la feuille nénuphar, et derrière la porte ?
L’homme voudrait bien y aller mettre ses yeux et son cœur, à l’intérieur..
Mais elle est close, noire sans espoir, enfermant les secrets de la muette femme
Il sait que la clef il n’a point encore, que tambouriner ne sera pas le sésame
Qu’appeler sera dans le vide, que pleurer même ne fera pas le moindre effet.
Lors il regarde la porte, et tout comme Aurore plus tôt dans la journée, se laisse bercer par les vagues et porter par l’eau tiède..
Derrière la porte, il y a la bulle magique, aux doux parfums, aux couleurs pastels..
Boréale fille s’y tient à l’instant, sans se douter que si près, curieux l’espère…
Musiques amies la bercent, tandis que de ses mains, elle confectionne un papillon perle, délicat et léger, irisé ..qui, dès que terminé, s’envole vers les murs végétaux, et s’y pose, juste à la place voulue….à coté de ses frères

Une porte de papillons étincelles, un reflet que je place au creux de ma paume, le rayon Lys me soigne l’âme par une goutte de solitude sur ma peau en éventail… je ferme les yeux. Je vois la fille songe voguant de l’autre côté du voile, les notes de musique muettes autour d’elles ondulent sur ses cheveux, ses griffes d’arc-en-ciel rayonnent le mur de diamant. Les sillons traversent l’humidité du feu pour trouer une nappe de roche démontrant un raccourci que des narines salées humectent de leurs poils. La lumière des fonds sonores en archives d’histoires apportent avec elles les passés de l’homme-sans-pas. Un être d’obscurité se confondant avec les brunes claires inssaisisables, avait réussi avant lui à pénétrer le secret de l’antre d’Aurore la boréale fille reflet des parfums inconnus. Il avait péri d’amour sous l’assomoir dialogue en bulles fécondes qui déformaient les mots de la fille savon. Son intensité s’est faite gel pour structurer un mont de gélatine salée par les carnivores mangeurs de feuillages muscles en abondance déternité. Il n’avait pas su la comprendre ni la retenir sous les nuages ciel pour collaborer avec elle d’un enfant soleil qui prendrait forme de chrysalide robuste avaleuse de bulles d’oxygène. Il a échoué sur la paternité orientale d’un monde en bulle aux parois invisibles transposant la réalité en rêve maternels…
 

Depuis l’homme noir, Aurore se cache, elle a fermé ses sens aux couleurs réelles, a perdu le goût du vrai, a effacé ses rires d’avant.
Elle est perdue dans sa bulle douce, suspendue entre mille fils lumières, transpercée par les sons acides qu’elle refuse d’entendre, juste portée par la senteur salvatrice venue des cocons des papillons …elle est en sommeil- éveil ,elle pense  »rêve  », elle ressent  » doux du dedans mais sans savoir  » ..en refus, en recul….seuls ses poèmes cris révèlent ses dedans, un peu, quand elle les pose sur les feuilles des murs de sa bulle…
Elle dit, parfois, elle crie, plutôt…
« Tel le corbeau une âme
Lagrimas negras, elle entend la voix
Depuis des mois son vendre dur
Les gris dedans si impurs
Voudrait laver ce sale
Essaye en vain se sent mal

Telle la suie collée
Sur le fragile que c’est laid
Si longtemps incrustée
Pas la force de frotter
Abandonne, reste jais »

Mais personne pour entendre cette fille femme perdue…

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